Le bonsaï au Japon

Sumi-e : les huit fondamentaux de l’esprit

Un des principes du Sumi-e est de voir le simple, donc l’essentiel. La vision du simple exige d’abord une vision claire par l’esprit. Pour arriver à ce que l’esprit précède le pinceau, nous nous referons aux huit fondamentaux.

affiche sumi-e les fondamentaux

Peinture de Sonia Stella, inspirée de « l’univers » de maître Sengai (1750-1837).

Les huit fondamentaux du sumi-e :

1-Méditer avant d’agir :
Regarder les yeux fermés, méditer avant d’agir, étape essentielle si difficile à saisir pour nous occidentaux…

2-L’unique usage du noir et blanc :
La reproduction de la couleur a été considérée comme une facilité, c’est pourquoi nous n’utilisons que le noir, il offre une infinité de nuances et permet de se soucier d’avantage des espaces blancs, du vide, qui doit être préservé et non rajouté.

3-La qualité du processus de réalisation :
La façon d’être présent à son corps, son souffle, ses instruments, transparaîtra dans le travail, être présent à son corps est aussi important que le résultat final.

4-L’ absence d’hésitation :
Cela caractérise l’aisance, la facilité avec laquelle le tracé s’accomplit. L’hésitation est une perte de l’attention juste…

5-Un tracé sans retouches :
Le degré d’attention du peintre à chacune de ses touches ne permet pas l’approximation, car la superposition d’encre se voit, un trait n’est pas une ébauche…il doit avoir sa raison d’être.

6-La suggestion :
L’œil du peintre doit choisir les éléments les plus expressifs et manifestes. Il doit écrire l’essentiel et suggérer sans imposer quoi que ce soit au spectateur qui reste libre de rêver, recomposer, entrer dans un monde ou la vivante ressemblance suffit…

7-Le respect du blanc :
Le blanc c’est le vide et le vide est disponibilité, une représentation quelle qu’elle soit ne cherche pas à accaparer tout l’espace de la feuille, mais à donner une place au blanc, une existence, une présence. Le blanc est un espace de liberté, une respiration où les énergies circulent.

8-Representer la Vie :
En sumi-e tout vit. Il n’existe pas de nature morte, à travers les représentations diverses telles que Bambous, Orchidées, Prunus ou encore Chrysanthème, on évoque les saisons, les cycles de la nature. La loi de transformation doit pouvoir se lire dans nos peintures.

Sumi-e, mon expérience de peintre et les ponts avec l’art Bonsaï :

sumi-e représentation bonsai

L’esprit du geste dans les deux disciplines est prépondérant, chaque décision, chaque acte aura des conséquences sur le résultat final, ce qui est immédiat en Sumi-é peut prendre des années en Art Bonsaï car dans votre pratique il rentre une quatrième dimension qui n’existe pas en sumi-e : le temps…

Dans mon prochain article je vous parlerai du matériel employé afin de pouvoir décoder encore un peu mieux les outils, leur emploi, et vous donnerai humblement quelques conseils d’utilisation.

Une réponse dans Sumi-e : les huit fondamentaux de l’esprit

  1. sabine sallier 6 février 2016 à 7:48 #

    Bonjour,
    Je suis très heureuse de pouvoir trouver des informations sur le travail de l’encre au japon. Pourriez-vous m’indiquer comment il est possible de se former en France svp ? Je suis moi-même peintre et j’utilise l’encre, mais très différemment.
    Si cela vous intéresse voici les coordonnées : atelierpassagelyon.com et facebook.com/atelierpassage
    Je vous remercie pour vos informations.
    Cordialement.
    Sabine Sallier

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