Le bonsaï au Japon

Un yamadori de pin sylvestre nommé Goliath – histoire d’arbre

UN PIN NOMMÉ GOLIATH

Laissez moi vous raconter l’histoire d’un pin fantastique…

GOLIATH est né dans la Lozère. Pin sylvestre, roi de la forêt dominant d’habitude tous ses sujets, GOLIATH dans son milieu naturel ressemblait plus à un arbre de petite taille ayant eu de gros problèmes pour se développer normalement. Il possédait deux têtes quand Gaby Becker le découvrit. Il paraissait adapté à la formation d’un bonsaï de grande taille, dit « HACHI-UYE », un arbre que l’on porte à quatre personnes. Le diamètre de sa base d’environ 30 cm de diamètre, est très massif. D’une grande beauté, avec une écorce très belle, très vieille, argentée et craquelée, toutes les qualités sont réunies pour qu’il devienne un futur Bonsaï majestueux.

Le prélèvement de grand pin sylvestre :

Gaby entreprend de le prélever. Ce ne fut pas une mince affaire de le sortir de l’endroit où il se trouvait, car il pesait plus de 100Kg avec sa motte et sa masse végétale. Dans tous les cas cet arbre aurait péri car il se situait au beau milieu d’un chantier. Un terrain qui devait être revalorisé et où l’ensemble des arbres se trouvant sur le site devaient être arrachés.

Voici Goliath, le jour de son prélèvement, en 2004…

 

Goliath, pin sylvestre yamadori 2004

 

Gaby heureux de sa trouvaille

Gaby heureux de sa trouvaille

Commença alors un lent et méticuleux travail de culture. La première étape fût de lui construire une caisse pour qu’il puisse reprendre correctement. Après l’avoir installé, Gaby le cala avec deux liteaux, vissés sur ses deux jin. Pour ce genre d’arbre multi-centenaire, il est naturel d’attendre trois à quatre ans de reprise avant de pouvoir commencer à le travailler…Cela dépend en faite de la vitesse de récupération du Yamadori. Il faut être en phase avec son arbre et ne pas être trop pressé.

Après un an de culture en bac...

En juillet de la même année, dans son bac de culture

 

GOLIATH n’est pas un jeune pin, il lui faut du temps pour récupérer. Il est cultivé grâce à un système d’aspersion, avec de l’engrais organique et foliaire.

Goliath en Septembre 2004

 

Voici la seule photo exploitable de l’année 2005. Nous sommes en juillet et Goliath est encore un peu faible. Il a de petites aiguilles et son feuillage et très clairsemé.

Goliath en Juillet 2005

Un an plus tard, il a été rempoté. L’ensemble de son feuillage commence à s’étoffer et à se densifier. La culture se poursuit car Gaby veut le travailler correctement sans avoir de soucis. On peut remarquer que ses aiguille sont maintenant plus grandes, preuve de sa bonne santé.

Goliath en juillet 2006

Première mise en forme en 2007 :

L’arbre est alors entré dans sa préparation pour une démonstration prévue en Juin 2007 à Versailles durant la prochaine convention EDG. L’évolution de l’ensemble du feuillage est très bonne. Goliath doit passer une bonne année de culture pour être parfaitement exploitable durant cet événement. Un briquet est en bas de cette photo histoire de donner une idée de la taille du nébari. La hauteur de l’arbre est d’environ de 1,45m.

Goliath Mai 2007

 

Vue du haut de l’arbre. On distingue bien la face naturelle (la face sur laquelle l’arbre à poussé dans la nature). Toute la masse végétale est de ce côté , il semble déséquilibré.

Avant le départ pour Versailles

Avant le départ pour Versailles

 

La face naturelle de l'arbre

La face naturelle de l’arbre

 

Voici la première apparition de Goliath dans une manifestation. Il a été cultivé correctement et va donc subir sa première formation par Thierry Lorillard et Maria Simoes, deux élèves de Salvatore Liporace, qui viennent de terminer l’école Italienne et qui sont proches de Gaby Becker. Ils ont longuement discuté de la façon de construire le futur arbre, se basant sur la forme d’un lettré, mais très massif.

 

Versailles

Versailles

 

Maria les mains dans l’arbre et posant du fil de ligature en cuivre. Pendant tout le week-end, nous serons nombreux à assister au travail délicat de Maria et de Thierry sur Goliath.

Maria les mains dans l'arbre

Maria les mains dans l’arbre

 

La fin de ce magnifique moment à Versailles. Le pin à beaucoup changé. Toute la végétation est maintenant répartie correctement, l’ensemble est plus équilibré. Un travail précis et soigné. Cette première formation jette de très bonnes bases pour le futur de cet arbre hors du commun.

Fin du travail à Versailles

Fin du travail à Versailles

 

En fin d’année Goliath a commencé sa lente reprise. C’est un arbre qui met du temps à se remettre. Après une intervention il lui faut parfois trois ans. Gaby le présente désormais sous une autre face. Elle me parait plus intéressante car nous y distinguons bien mieux le mouvement du tronc ainsi que la base du nébari puissante.

Goliath octobre 2007

 

En début d’année 2008, nous pouvons constater que le pin a vraiment très bien réagit au travail. Contre toute attente il a bourgeonné en arrière et a permis cette densification du feuillage.

 

Goliath Janvier 2008

 

C’est une bonne période pour travailler les jin et dégrossir les moignons qui avaient été laissés pour manipuler l’arbre. Cependant les jin peuvent également servir pour réaliser de gros pliages et prenant appui dessus. Il ne faut donc pas totalement supprimer les moignons durant le prélèvement.

Goliath les jin avant le travail

 

Après le travail, les jin commencent à prendre forme. Gaby aime imiter la nature. Le pin Sylvestre possède naturellement beaucoup de branche mortes. Elles sont cassées grossièrement, par les chocs provoqués par les roches, le poids de la neige ou encore les glissements de terrain. Voici le résultat après ce premier travail sur le bois.

Goliath jin après le premier travail

 

Après avoir formé les nouveaux Jin, il reste à les traiter au liquide à Jin afin de rendre cet effet blanchi du bois, comme s’il était vieillissant depuis des années, donnant ainsi un peu plus de caractère à l’arbre.

Les jin sont blanchis

Les jin sont blanchis

 

Premières sorties aux expositions de bonsaï :

Goliath est bientôt prêt pour apparaître en exposition nationale. Il va se rendre en Espagne, chez Mistral en 2011, après s’être montré chez Galinou… Désormais  il mesure 1.24m. C’est un arbre hors catégorie, mais qui fait parler de lui. Sa taille, ses proportions ne laissent personne indifférent. Certains aiment et d’autres n’y voit aucun intérêt. Mais il est là, imposant et forçant le respect dû à son âge.

Goliath SCEA 2009

Exposition SCEA (Galinou) 2009

Goliath Mars 2009

 

Un an plus tard, tout est réuni pour qu’il soit montré en public. Il s’est densifié. Son écorce semble s’être argenté un peu plus…La mousse habille le substrat. L’arbre a du mal à rentrer dans le camion. Sa cime touche le plafond du fourgon. C’est un soucis pour le trajet qui va être de l’ordre de 1000km.

Goliath dans le camion 2009

 

A l’arrivée dans les serres de Mistral, c’est le passage obligé dans le studio photo. La société Mistral avait mis les grands moyens. Un professionnel réalisait les photographies dans le but d’élaborer un Book de l’exposition. Tous les arbres seront immortalisés avant de passer dans la salle d’exposition.

 

Gaby à gauche, François Gau a droite et moi-même.

Gaby à gauche, François Gau a droite et moi-même.

 

Voici l’arbre tel que l’a présenté Gaby durant l’exposition.

 

Exposition Olea Premio (Mistral) 2011

Exposition Olea Premio (Mistral) 2011

Quelques semaine plus tard, Goliath est exposé à Castre pour la convention EDG organisé par François Gau et son club.

Exposition de Castre (convention EDG) 2011

Exposition de Castre (convention EDG) 2011

 

 Un gros pliage pour faire évoluer l’arbre :

Gaby pense alors qu’il est temps de réformer son arbre. Il subit de nombreuses critiques sur la hauteur du géant. L’arbre est hors norme comme nous l’avons déjà expliqué. Il n’est pas forcément apprécié à sa juste valeur. Pour le réformer, il s’entoure d’une équipe constitué de 5 autres personnes, Christophe Durandeau, Alain Largier, Thierry Cescon, Bruno Faure et moi-même.

Dans le film qui suit vous pourrez apprécier les grands moments de cette belle aventure, dans la bonne humeur comme d’habitude durant les ateliers organisés par Gaby.

Vidéo du pliage

Voici quelques photos pour vous montrer la différence de taille de Goliath avant et après l’intervention.

Christophe observe la construction de Goliath

Christophe observe la construction de Goliath

 

Le pliage peut commencer...

Le pliage peut commencer…

L’arbre est totalement transformé. Sa nouvelle présentation se fait à l’aide d’une cale, car sa face change d’angle légèrement. Il va être rempoté bientôt dans une belle poterie ronde.

Le pliage est effectué

Le pliage est effectué

Voici l’arbre dans sa nouvelle poterie, placé dans le jardin d’exposition de Gaby. L’arbre est en parfaite santé.

Golitah après son rempotage.

Golitah après son rempotage.

A lire sur ActuBonsaï : pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur la taille des pins sylvestre.

6 résponses dans Un yamadori de pin sylvestre nommé Goliath – histoire d’arbre

  1. François R 25 avril 2013 à 4:15 #

    Très bel article, une histoire bien racontée et très bien illustré.

  2. Benoist 12 mai 2013 à 12:21 #

    Bonjour,
    très bel article, le travail réalisé est exceptionnel !
    Quel engrais foliaire utilisez vous pour une si bonne reprise de l’arbre ?
    Merci
    Benoist

    • nejikan 13 mai 2013 à 6:42 #

      Bonjour Benoist,

      Merci de ton commentaire.
      Gaby à l’habitude d’utiliser l’engrais « Fertil Océan ». Il est vaporisé régulièrement sur les pins mais pas seulement! Tous les yamadori en bénéficient.

      Amicalement

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